Singe d'Amazonie

Découverte de la jungle amazonienne

Leticia est la « grande » ville colombienne d’Amazonie, c’est d’ici que nous partons pour un séjour dans la jungle amazonienne.

Avant de partir en excursion dans la jungle, nous devons obtenir le tampon de sortie de territoire du Brésil et faire le tour des agences pour organiser ce fameux tour.
Ici, la traversée des frontières entre la Colombie et le Brésil se fait sans contrôle, nous nous rendons donc à pied à Tabatinga, qui est la ville brésilienne frontalière. Nous marchons une bonne demi-heure pour nous y rendre. Une fois dans les locaux de la police fédérale, nous n’attendons que quelques minutes pour obtenir notre tampon. Attention car à Tabatinga il est normalement une heure de plus qu’à Leticia, pourtant l’heure utilisée est celle de Colombie. Nous nous sommes fait avoir avec la réouverture de la police fédérale à 14h.
Nous revenons ensuite à Leticia et entamons notre tour des agences. Les deux premières proposent sensiblement la même chose, à un prix élevé : 700 000COP (environ 200€) pour 3 jours/2 nuits, nous décidons donc de rentrer pour y réfléchir.

De retour à notre auberge, nous faisons la connaissance de Dominique et Johannes, deux voyageurs Suisse et Allemand. Après quelques échanges, nous apprenons qu’ils partent le lendemain pour un tour dans la jungle de 5 jours/4 nuits, ils nous proposent de nous joindre à eux si nous le souhaitons. Dominique demande alors au responsable de l’agence si c’est possible, elle n’a la réponse positive que le lendemain et nous l’annonce en nous réveillant vers 7h du matin.
Le départ du tour étant à 9h, nous avons deux heures pour : préparer notre sac pour 5 jours dans la jungle, aller à l’aéroport pour obtenir le tampon colombien sur notre passport (oui nous avons appris la veille au soir que nous n’avons que 24h pour effectuer cette formalité après la sortie de territoire du Brésil, sans quoi il y a des pénalités financières), nous rendre à l’agence avant 8h30 pour payer le tour afin qu’ils aient le temps de faire des courses et récupérer notre backpack à l’auberge. Défi accepté ! Nous préparons notre sac, montons dans le premier tuk-tuk qui se présente dans la rue, attendons à l’aéroport que la femme de ménage ait fini de nettoyer le bureau de la police fédérale qui est censé être ouvert depuis 10min, effectuons notre entrée officielle sur le territoire colombien, remontons dans le tuk-tuk qui nous a attendu, arrivons à l’agence à 8h30 pour payer, repartons à l’auberge de jeunesse et retournons à l’agence directement pour déposer nos backpacks. Pile à l’heure !
Une paire de bottes en caoutchouc pour chacun et nous voilà tous prêts pour découvrir la jungle !

Tuk-tuk à Leticia

Notre première course en Tuk-tuk.

Récit de notre aventure dans la jungle

Il faut savoir que les tours proposés à Leticia ne s’effectue pas sur le territoire Colombien mais Péruvien, qui se trouve juste à côté. Le tour aura lieu plus précisément dans la réserve naturelle de Sacambu, qui est complètement recouverte d’eau lors de la saison des pluies.

Jour 1

Après être montés dans notre petit bateau avec notre guide Eduardo, nous partons faire le tour du village d’Islandia, qui se trouve donc au Pérou.
Notre guide ne parle qu’espagnol (hé oui le portugais c’est fini) et cette nouvelle langue nous semble un peu plus familière grâce à nos cours d’espagnol d’il y a plusieurs années, mais ce n’est toujours pas ça. Heureusement Dominique et Johannes parlent espagnol, ils peuvent donc nous faire la traduction en anglais, parce que eux parlent allemand (oui ça fait beaucoup de langues différentes tout ça). Eduardo nous explique donc, en espagnol, que le village est construit en hauteur, sur de hauts pilotis, afin de ne pas être recouvert par l’eau lors de la saison des pluies. C’est pourquoi ici, ce village est comparé à « Venicia » (Venise). Malgré cela, il arrive certaines années, que les maisons soit tout de même en partie recouvertes pas l’eau. Nous pouvons en effet constater des marques du niveau d’eau sur certaines maisons.
Nous goûtons avant de repartir à une sorte de Coca-Cola local : l’Inka-Cola, qui a un fort goût de malabar, puis faisons quelques dernières courses.

De retour sur le bateau, nous nous arrêtons rapidement car notre guide Eduardo a vu des dauphins. Moteur coupé, nous sommes attentifs et nous observons les fameux dauphins d’Amazonie. « Fameux » parce que leur particularité est qu’ils sont roses ici !
Nous repartons ensuite et nous rendons à la « maison des singes » pour y déjeuner (nous mangerons la plus part du temps ici).
De nombreux singes d’espèces différentes vivent dans cette maison. Le maître des lieux nous raconte que les premiers singes étaient recueillis pour être soignés et qu’ils sont ensuite restés. Cela fait partie des nombreuses histoires qu’il nous a racontées, disons que ce sont des singes apprivoisés qui semblent être très bien traités. Nous faisons donc la connaissance de ces petites créatures qui viennent à notre rencontre en nous montant dessus. Bon, ils ont en fait été appâtés avec des petits biscuits, c’est pour cela qu’ils sont autant intéressés par nous, mais c’est tout de même une sacrée expérience d’être en contact avec des singes.
Le maître des lieux nous emmène ensuite voir l’anaconda « apprivoisé » qui vit dans son jardin (hé oui, il en a des animaux apprivoisés). Celui-ci ne bouge pas beaucoup parce qu’il est apparemment en pleine digestion, il a en effet mangé un poulet entier il y a quelques jours. Vrai ou pas, l’anaconda retourne tout seul vers « sa maison », après quelques minutes.
Nous nous rendons ensuite au bord d’un grand étang où nous nous asseyons pour observer un énorme poisson : le pirarúcu, dont la race date de la préhistoire.
Voilà pour le petit tour touristique. Nous retournons dans la maison où nous attendons pour le déjeuner.
Nous faisons alors la découverte d’une étrange créature, nous demandons ce que c’est, fascinés : un coati. Cet animal à l’air assez commun ici, car le maître des lieux ne partage pas notre enthousiasme. Celui-ci se trouve à l’intérieur de la maison parce que les chiens de la maison l’ont blessé, il reste donc le temps de guérir, en mangeant du maïs.


Après avoir bien mangé, nous repartons en bateau à la recherche de l’endroit où nous allons installer notre campement dans la « selva », autrement dit : la jungle. Nous accostons, puis Eduardo, équipé de sa machette prépare notre camp en accrochant nos hamacs à des arbres.
Camp dans la jungle amazonienne

Notre activité du soir sera l’observation des caïmans ! Équipés de nos lampes torches, nous repérons les caïmans dans la nuit car leurs yeux scintillent avec la lumière des lampes. Eduardo s’approche et attrape des petits caïmans à mains nus pour nous les montrer, avant de les relâcher.
Nous sommes partis accompagnés de deux garçons de 9 et 15 ans, qui vivent dans la maison des singes, ceux-ci vont nous aider à attraper un caïman pour le manger le lendemain… Une fois le « bon » caïman repéré, celui-ci est attrapé au harpon par un des deux enfants, puis une fois à bord du bateau, assommé encore et encore à coup de machette par l’enfant de 9 ans, qui finit enfin par le tuer en le semi-décapitant de manière assez barbare. Voilà donc notre repas du lendemain qui gît sans vie sous nos yeux…
Il est temps d’aller dormir dans la jungle.

Jour 2

Cette première nuit se passe plutôt bien pour tout le monde. Nous partons prendre le petit-déjeuner à la maison des singes et amenons avec nous le caïman pour qu’il soit cuisiné.
Après le petit déjeuné, première marche dans la jungle où nous découvrons la flore. Des arbres à la sève guérisseuse, d’autres avec des troncs qui piquent, des lianes, du vert partout : pas de doute nous sommes bien dans la « selva » !
Retour dans notre maison préférée où nous restons avec les singes en attendant le déjeuné, c’est qu’on s’habitue à ces petites créatures affectueuses !


Nous partons ensuite changer de camp pour la nuit et une fois installés, c’est partie pour la pêche aux piranhas.
Pour pêcher un piranha on fait comment ? Un peu de poulet au bout d’un hameçon et c’est parti ! Nous pêchons quelques poissons avant d’apprendre plus tard qu’en fait ici ils ne mangent pas de piranhas mais que nous les touristes nous pouvons quand même les manger pour « le courage ». Ha ok nous avons tué des poissons pour l’attraction.

Le soir venu, on nous sert le fameux caïman lors du repas. Alors ça a quel goût le caïman ? Hé bien, c’est entre le poulet et poisson en terme de goût et de texture, avec plein de petits os en plus.
Caïman cuisiné
Nous repartons ensuite à notre campement pour une marche nocturne dans la « selva » où nous sommes censés trouver des tarentules. Pas de chance nous ne trouvons aucun insecte mais nous entendons des « monos », autrement dit des singes et notre guide Eduardo communique même avec eux (oui oui).
Nous repartons ensuite à notre campement pour dormir.

Jour 3

Un peu de pêche le matin en attendant que tout le monde se réveille et nous repartons dans notre endroit préféré pour petit-déjeuner. Nous expliquons à Eduardo que les singes on les aime beaucoup mais que nous voulons quelque chose de plus authentique, comme manger dans la jungle au feu de bois et que l’on commence à en avoir marre de faire tous ces allers-retours dans cette maison. Nous obtenons gain de cause, nous ne reviendrons plus à la maison des singes.
La journée continue avec pour programme : nager avec les dauphins.
En fait nous nous arrêtons sur une plage (qui se trouve sur le territoire Brésilien) mais les dauphins sont beaucoup plus au large. Tant pis, nous enfilons notre maillot de bain et en profitons pour nous baigner, ou plutôt nous laver, dans l’Amazone. Nous profitons ensuite d’une journée plage à jouer au Uno et à un jeu de dés que nous apprend Johannes. Pas très exotique comme journée mais ça fait du bien de faire une pause avec la jungle. Nous faisons durer le plaisir en dînant et dormant sur la plage. Bien sûr c’est cette nuit là qu’il se met à pleuvoir des torrents, nous nous réveillons dans la nuit car la bâche qui est censée nous protéger s’affaisse sur nous à cause du poids de l’eau. C’est Dominique qui nous sauvera en allant chercher d’autres morceaux de bois pour surélever la bâche.

Jour 4

Pour cette quatrième journée, Eduardo semble à cour d’idée sur les activités à nous faire faire. Il décide de nous emmener à Gamboa, une autre réserve naturelle où nous ne sommes pas censés avoir le droit d’aller avec le tour que nous avons payé.
Nous arrivons dans une nouvelle maison, cette fois-ci pas de singes mais des poules qui se promène librement et les toilettes qui se trouvent au fond du terrain se vident avec un sceau d’eau. C’est plus rustique mais aussi beaucoup plus authentique !
Après un déjeuner, qui devient de plus en plus pauvre au fil des jours, nous partons sur une petite pirogue à moteur dans la jungle. Eduardo doit vider avec une petite coupelle l’eau qui s’accumule dans la pirogue.
Lors de cette promenade nous cherchons principalement des paresseux, qui se trouvent normalement très en hauteur dans les arbres, accrochés à des branches. Nous voyons de magnifiques arbres gigantesques avec des troncs tortueux, mais pas de paresseux en vue et comme à chaque fois qu’Eduardo ne trouve pas ce qu’il doit nous montrer, nous entendons encore des « monos ». Juste avant de partir, Eduardo s’arrête et nous montre le sommet d’un arbre en nous disant qu’il y a deux paresseux. Nous regardons tous les quatre l’arbre avec beaucoup de volonté mais nous restons perplexes sur la véritable présence de paresseux dans cet arbre.


Pour repartir nous attendons qu’une pirogue passe et après quelques minutes d’attente, une pirogue avec déjà à bord six personnes s’arrête pour nous prendre. Nous descendons avec tout le monde un peu plus loin et nous faisons le reste du chemin à pied, vers notre nouvelle maison.
Nous dormirons dans cette maison ce soir, car il y a des emplacements pour accrocher nos hamacs, nous avons en effet dit à Eduardo que nous ne voulons plus dormir dans la jungle.
Un repas, quelques parties de Uno et nous partons nous coucher dans nos hamacs, protégés de la pluie et des moustiques.

Jour 5

Nous sommes fatigués de la jungle, après le petit-déjeuner nous repartons à Leticia. Eduardo nous propose de retourner marcher dans la jungle mais c’est un « non » unanime, nous voulons rentrer maintenant.
Nous reprenons notre bateau et rentrons à l’agence où nous avons laissé nos backpacks.

Après une douche bien méritée dans notre nouvelle auberge de jeunesse, nous repartons déjeuner avec Dominique et Johannes, qui attendent leur avion pour Bogota qui part plus tard dans la journée.
Nous rentrons ensuite nous reposer, la jungle aura eu raison de Céline qui est malade.

Nous partons le lendemain pour Bogota en avion (il n’est pas possible de voyager autrement depuis cette zone pour rejoindre le reste de la Colombie).

Et les moustiques dans tout ça ?

Nous ne les avons pas mentionnés dans l’article, pourtant les moustiques ont eu une place importante dans notre quotidien pendant ces 5 jours dans la jungle.
Les moustiques d’Amazonie sont nombreux, affamés et voraces !
Nous sommes arrivés confiants avec nos répulsifs achetés en France mais soyons clairs : les moustiques n’en ont strictement rien à faire des répulsifs de chez nous. Répulsif sur la peau ET sur les habits, le moustique amazonien ne se gênera pas du tout pour vous piquer par-dessus vos habits, veste de pluie comprise.
Nous sommes revenus de ces 5 jours avec plus d’une centaine de boutons de moustiques tous les deux, dont les trois-quarts localisés sur les mains. Mais pas de panique, Eduardo nous a affirmé que les moustiques d’Amazonie ne sont pas « malades », donc si Eduardo le dit.

Bilan

5 jours/4 nuits c’est beaucoup trop. Si c’était à refaire nous choisirions plutôt 3 jours/2 nuits. Nous sommes un peu déçus de ne pas avoir vu plus de faune que ça, mais on ne peut pas forcer les animaux et les insectes à sortir de leur habitats juste pour nous, c’est pas de chance. Malgré cela, nous sommes ravis d’avoir fait ce tour avec Dominique et Johannes car nous avons passé de très bons moments avec eux.
Ce tour nous aura aussi permis de nous familiariser plus rapidement avec l’espagnol, que nous avons entendu parler en continu et c’est tant mieux parce que ce langage va nous suivre pendant tout notre séjour en Amérique du Sud.

Touti en Amazonie

Touti aussi était dans la jungle !

Nos infos :

🚌 Se déplacer

  • Aller-retour à l’aéroport en tuk-tuk : 10 min, 18 000COP (5€).
  • Aller à l’aéroport en taxi : 5 min, 8 000COP (2€).
  • Aller à Bogota en avion : Avianca, 150 200COP/pers (43€).

🎒 Visiter

Tour dans l’Amazonie, 5 jours/4 nuits

  • Compagnie : Turamazonas
  • Coût : 650 000COP/pers (180€)

Pas vraiment convaincu par leur prestation, le guide était désordonné.
N’hésitez pas à négocier le prix lorsque vous réservez votre tour et demandez s’il y a des couvertures incluses car nous n’en avions pas et nous avons eu froid la nuit.

🛏 Dormir

  • Anaira Hostel : 25 000COP/nuit/pers. (7€) en dortoir. Personnel cool, lieu super sympa avec une petite cour à l’intérieur.
  • Pirañita Hostel : 50 000COP/nuit (14€) la chambre double avec salle de bain privative et petit déjeuné. Auberge de jeunesse très récente, nous étions seuls mais le lieu est très accueillant. Le gérant est très gentil. Service de laverie : 6 000COP/kilo (1,5€).